allez je me lance
Comme la vraie vie reprend son cours dès demain matin 8 h (rentrée des classes), autant écrire sur le champ le récit de cette belle parenthèse, tant que les souvenirs sont gravés et avant qu'ils ne s'estompent...
Jeudi après-midi : arrivée à St Joseph chez Paul et Amélie vers 17h, petit goûter autour d'un très bon gâteau, sieste de 19h à 20h, repas à base de pâtes (natures pour moi, carbonara pour les autres... très très dur !) et de salade aux crevettes, papaye verte et carottes râpées (là ça va je peux me lâcher). Vers 21h, après être passé par la case salle de-bain pour une séance de transformisme, ça donnait à peu près ça (PHOTO)
Arrivés au stade vers 22h30, je me fais déposer par Sophie et continues à pied le temps qu'elle se gare, et je commence à ce moment-là à rentrer dans ma bulle. Imaginez : des gens en pleine nuit, déguisés comme des pokémon, avec des lumières sur la tête, qui marchent sur une route, tous dans la même direction... Peu communiquent, on sent la tension monter. Je fume à ce moment-là ce que je pense être ma dernière clope avant 3 jours, si j'avais su ! Arrivé devant la grille du stade, on nous fait poireauter le temps de vérifier les sacs, l'équipement, le dossard, etc, et finalement je rentre dans l'arène à 23h pétantes... Un café, un p'tit tour pour voir si je connais des têtes (aucune), coup de fil à Sophie qui m'apprend qu'ils ne laissent pas entrer les spectateurs dans le stade, et moi j'ai plus le droit d'en sortir ! Finalement dernier bisou au grillage, dernier pipi pour la route, speech du directeur de la course, du maire de St Philippe, et 10, 9, 8, 3 ,2, 1... bonne course !!!
Truc de ouf, 2500 personnes qui doivent passer dans une porte de stade de 3 mètres, 5 minutes avant de pouvoir bouger un orteil, puis finalement ça y est, on y est, on court sur la route direction le sentier du volcan à 15 kms; léger faux plat montant, placé en queue de peloton car pas anticipé le placement dans le stade, pô grave crois-je alors... Arrivé au pied du sentier, ravitaillement au cours duquel je perds mon bonnet alors que j'allais commencer à en avoir besoin et que jusqu'à maintenant il n'avait fait que m'encombrer; en fait je l'avais mis au départ mais au niveau de la mer ici il fait bon même à minuit, donc hop, je l'accroche à la ceinture du sac en courant, mais en arrivant au pied du sentier, pour remplir ma poche à eau, j'ai détaché mon sac et ai paumé le bonnet... Impossible de faire demi-tour, je flippe d'un coup parce qu'on parle souvent de 0° là-haut et des dangers de se refroidir, mais me rassure car la nuit s'annonce douce. Second souci, là où je suis placé au départ de ce sentier de psychopathe (mon pire souvenir des trois jours), c'est-à-dire à la fin, les bouchons sont monstrueux car on ne peut pas doubler, c'est en file indienne qu'on escalade des blocs boueux, de hautes marches interminables... Collés les uns aux autres, la situation est désagréable, la tension palpable parfois, je ne fait que bâiller et grelotter... Qu'est ce-que je fais là ? J'ai froid, ça avance pas, je commence à avoir envie de vomir... Vite mon k-way, ma veste la plus chaude, je l'attrape, commence à avoir des remontées de repas dans la bouche, ça va pas, impossible de "se garer" en plus, c'est trop étroit... J'enfile la veste et miracle, tout redescend, je reprends ma respiration, et me dis d'attendre le jour et que je me referai la cerise là-haut, au soleil... Là-haut, ça veut dire 2400 m alors qu'on est à 700, donc petit calcul : 1700 m à ce train, on est pas rentré ! Au premier rayon et à la première pierre plate, je me suis allongé, yeux fermés et suis reparti prudemment mais un peu inquiet de ce départ difficile. Au pointage de Foc Foc (manuel) j'ai vu que j'étais 2080ème, ce qui m'a un peu inquiété car ça voulait dire qu'y avait pas grand-monde derrière, pis j'ai vite compris que tous mes plans de route volaient en éclat et que désormais, mon seul but était de rallier l'arrivée. Coup de fil à Yann pour lui annoncer le retard au volcan (entre 6 et 8 h prévu) et mon passage vers 8h30 alors que le délai maxi était à 9h30. Pas de souci me dit-il, on profite en t'attendant, courage. Alors que je vois un photographe sur un rocher, je lève la main pour dire bonjour et m'aperçoit après que c'est Yann qui est venu à ma rencontre (PHOTO). D'abord content de le voir pensant que je suis au volcan, je prends un pet quand il me dit que c'est plus loin, mais finalement de voir un visage connu que redonne la banane et du coup on trottine ensemble jusqu'au volcan tout en remontant quelques places au passages. Ravitaillement bien géré, Jean-Michel et Ninie étaient là aussi avec Liam, moment sympa où j'ai refait le plein de tout, changement de fringues, crème etc. Départ 30 minutes plus tard, vers 9 h, direction piton Textor par la plaine des Sables, un des grand moments de ce raid : super forme, en fin de classement donc plus rapide que "l'environnement", j'ai littéralement planer dans la Plaine des Sables au son de Pink Floyd et de Radiohead, son en phase avec le paysage… Résultat : une arrivée à Mare-à-Boue (qui porte bien son nom) sur le coup de 12h30, pile l'heure pour un cari-poulet, une séance d'étirements pour fêter le premiers tiers de la course (en kms), la première clope taxée à un bénévole, et c'est reparti avec en point de mire Cilaos, les soins, la famille, la presque mi-course. De la grosse gadoue qui colle pendant trois heures, des flaques qu'on dirait des lacs, des pierres qui ne roulent pas et qui n'amassent pas de mousse mais qui glissent comme vache qui pisse, bref, une vraie barbarie jusqu'à Kervéguen... Beaucoup plus long que prévu, ce tronçon dégueulasse aura duré plus de trois heures, la journée tirant sur la fin, il fait gris, tout est mouillé, ça fait 17 heures qu'on est parti, je sais déjà que pour rejoindre Cilaos je vais devoir me faire la descente du Bloc de nuit, ce qui est pas loin d'être une folie quand on connaît la bête (tu te souviens Rémi ?). On doit encore monter à la caverne Dufour avant, 1 h prévue, avant de basculer vers la capitale des lentilles. J'attaque la descente prudemment mais sans traîner, tant qu'il fait jour, passe par les sentiers créoles en me retenant aux branches (très rigolo mais faut faire gaffe)... En fait au lieu de suivre le sentier en longues marches d'escalier qui descend en décrivant des S aplatis, on peut "tirer" tout droit, à l'américaine, c'est plus abrupt donc faut de quoi s'accrocher, et là haut, y a des supers arbustes pour ça mais je connais pas la marque... Bref, alors que je commence à apercevoir les lumières de la civilisation tout en bas, que le jour tire peu à peu sa révérence et que je commence à me dire que l'objectif d'arriver frais à Cilaos, sans blessure est atteint, mon genou droit heurte un rocher et me déclenche une vive douleur qui m'empêche de poser le pied, trop mal. Sur le conseil d'un collègue, je met un strap et descend le reste sur une jambe et demi pour enfin arriver au stade à 20 h 30 et retrouver mon team number one, les crapules et leur génitrice (PHOTO). Je boitais, mais je pouvais trottiner donc après avis médical (hématome intradermique) et avec un peu de glace, un strap et un cachet pour la douleur, je suis reparti de Cilaos vers 23h30 (délai max 01h00) motivé pour tenter le truc avec ce satané genou (me suis dit « quitte à abandonner, va au moins dans Mafate pour la ballade en hélico »). Bisou aux filles, départ en solo vers 23h30 direction le sentier de Bras-Rouge, à la frontale et tout seul, une première car pour le volcan vu la foule, j'ai plutôt économiser les piles ! Et comme la première nuit, début de calvaire : fatigue, pas de rythme, moral flingué par les lumières des frontales des autres tout là haut, aucun rythme dans le sentier de Bras Rouge, que j’avais zappé dans ma tête, pensant qu'on attaquait direct le Taïbit, ben non faut se farcir une série de montées et de descentes tout en voyant le col se dessiner sous les étoiles, prochain but à atteindre... Au bout d'une heure, j'ai craqué et me suis allongé 10 min au bord du ce sentier car pas fait à Cilaos, j'ai mis l'alarme du gsm pour 20', au cas où, mais j'ai vite eu trop froid, ai attrapé le premier train de frontales qui passait par là et je suis arrivé au ravitaillement de la route d'Ilet à Cordes au départ du col du Taïbit à 02 h 20 précisément (3h pour faire Ciloas-départ sentier quand les meilleurs mettent 1h et les nuls comme moi 2h en temps normal !). Petite pause au coin du feu, la vision qui s'offre à moi est rassurante sur le coup : des lits picots installés sur la route, avec des silhouettes emmitouflées dans des couvertures de survie, ça requinque un peu de voir que y en a d'autres qui ramassent, on s'accroche à ce qu'on peut ! J'avale un café chaud, une rencontre avec un ou deux visages connus, et c'est presque guilleret que j'entreprends le départ de l'ascension dudit Taïbit (déf : crotte de lapin en malgache), deuxième grosse difficulté de cette édition 2007, mais comme je l'ai déjà gravi DEUX fois (en rando 2h, en course 1h15), je pense sur le moment que le Taïbit est mon ami car ça c'est toujours bien passé antre lui et moi... Content, pour moi c'est ma course qui commence maintenant, à partir de là je connais à 90 %, j’ai mes repères et pense un peu que je suis chez moi. Cette idée me permettra à la fois de tenir le coup dans les moments difficiles mais me jouera également des tours en ne me faisant pas anticiper sur les effets de la fatigue à long terme, le rythme et la cadence qui baissent, les coups de moins biens, les imprévus et les tuiles.
Finalement la montée se passe pas trop mal, je remonte quelques personnes au début, puis ralentis un peu pour pas me griller, le strap me tire la peau et me gêne donc je décide de l'arracher et de mettre la douleur de côté. Bonne décision que je ne regretterai pas. Basculement au sommet en 2 h, un peu déçu mais pas grave du tout, surtout après avoir vu les lumières de Marla en bas avec un feu de camp digne de koh lanta... attrayant comme destination pour une arrivée prévue vers les 5 h du matin. Le poste ferme à 9 h, j'ai 4 h de marge, c'est la fête à la grenouille, je me crois au club med, ce n'est que plus tard dans la journée que je comprendrai que toutes ces barrières horaires sont calculées pour dynamiser la course d'abord, ce n'est pas forcément proportionnel à la distance entre lespoints. Là pour le coup je me suis offert la pause grand luxe, au chaud près du feu pendant une heure (toujours sans dormir), à regarder le jour se lever dans le cirque et l'hélico de la gendarmerie faire voler en éclats toutes les tentes de l'organisation en voulant atterir, véridique. Départ en fanfare au petit jour à 6 h pour fêter les 30 h de course, que sur du sentier connu, direction Roche-Plate en passant par les Trois-roches. A partir de là les délais se restreignent mais je ne m'en suis pas rendu compte de suite, donc j'ai continué à faire du tourisme en discutant un peu trop longtemps aux ravitos, m'accordant des pauses un peu exagérées, bref, c'était la fête à Mafate... Jusqu'à la remontée sur la Nouvelle où tout a basculé; en quittant Roche-Plate massé, rassasié, crémé car cagnard terrible, bref bien revigoré, sur le coup de onze heures, où j'ai soudainement réalisé que ma marge de manoeuvre était passée de 3 h le matin en quittant Marla à 1 heure seulement ici-même, cinq h plus tard ! Gloups, va pas falloir se failler... Et ce qui devait arriver arriva : la première grosse erreur stratégique : pas refait le plein de la poche à la rivière des galets pour la montée de la Nouvelle, panne sèche et arrivée laborieuse avec plus d'une demi heure de retard sur les prévisions (1h pour monter en août, 1h45 auj). Il est 14h30, le poste ferme à 15h00, y a plus de pâtes à manger et on n’a pas le droit de s’allonger dans l’herbe où y a de l’ombre car c’est une promesse entre l’école qui prête son terrain et l’organisation, le toubib est introuvable, je commence pour de bon à maudire les organisateurs, je le fais savoir… Je suis pas au top, un peu déshydraté mais rien de méchant, juste ko par le soleil et l’accumulation d’ efforts fournis depuis maintenant 39 h ; tiens, c’est le temps qu’en secret je me voyais bien réaliser… et là je suis au pk 95, il faut qu’on soit à la plaine des Merles derrière le col de Fourche à 17h15… Je suis raide donc prends le pas d’un groupe de 4 mené par un métronome du rythme, régulier, impressionnant de régularité, robotique l‘ascension pendant 1h20 et donc plutôt bon souvenir. On pointe à 16h30, cool on a repris ¼ d’h, le prochain objectif maintenant est de rallier Deux-Bras, second gros point d’assistance de la course après Cilaos avec cohortes de masseuses (une pour chaque jambe bien sûr, qui font ça mirifiquement pendant 30 min, un délice absolu !), repas chauds, sacs persos amenés par l’organisation, etc. Fallait bien ça pour attaquer le dernier quart de la course et la quatrième et ultime (en théorie) difficulté de l’épreuve, mais y parvenir dans les délais a été hyper chaud, because on avait repris 15 min en montant, mais avec la nuit qui s’annonçait, savoir qu’il fallait pointer à Aurère avant 20 h et qu’au départ du sentier scout il était 17 h 30 (marge de 30 min sur les délais)… Vu que la nuit n’était pas loin, j’ai décidé de courir tant que la luminosité le permettait, j’ai même mené& les ¾ de la descente en tête d’un petit groupe dont je n’entendais que le bruit des pas derrière moi. Pas un mot pendant 2 heures, chacun cherchant à s’économiser pour rester dans ces fameux délais. Finalement, en bourrant comme des malades (pour notre niveau), nous avons réussi à garder notre matelas de 30 min en pointant à Aurère, juste le temps de gober une banane et d’avaler un coca, pas question de traîner, il restait encore la descente jusqu’à Deux-Bras prévue pour durer 2 h et la nuit était maintenant bien présente. C’est seul que je suis reparti, trop vite car j’ai oublié (pour la 3ème fois) de remplir ma poche à eau, tant pis, on verra en route si on trouve une ch’tite cascade. Cette descente casse bien les pattes car on passe de 900 à 200 m en quelques kilomètres mais essentiellement sur de la caillasse de chez caillasse, pour finalement atterir dans le lit de la rivière des galets, qu’on doit traverser 4 fois à gué (de nuit sinon c’est pas drôle), sur des rochers, avant de chercher son chemin grâce aux marques rouges sur les pierres, remonter le lit dans le sable et les graviers pendant ½ h pour enfin déboucher au poste de Deux-Bras. Bénédiction te voilà : après Cilaos, c’est le deuxième gros point d’assistance, donc j’ai pu récupérer un sac avec des affaires propres et sèches, me faire masser les jambes, avaler une assiette de raviolis et m’enrouler dans ma couverture de survie sur une chaise pour mon premier dodo depuis le départ : 2 heures ! Etant arrivé vers 21 h 30, ce n’est qu’ à minuit que je suis parti dans les bras de morphée, le sac à mes pieds prêt à repartir, les guiboles requinquées, le gsm dans la main pour me réveiller à 2 h (fermeture du poste et mise hors délai à 3), lequel s’est déchargé et éteint pendant mon court sommeil… Imaginez le stress quand je me suis réveillé d’un coup : « quelle heure est-il, oh putain le truc a pas sonné, suis-je éliminé ? ». Gros ouf de soulagement en constatant qu’il était 2h15, comme quoi même avec deux nuits blanches dans le museau et 120 bornes dans les pattes, ben quand il faut se réveiller on se réveille !
Jeudi après-midi : arrivée à St Joseph chez Paul et Amélie vers 17h, petit goûter autour d'un très bon gâteau, sieste de 19h à 20h, repas à base de pâtes (natures pour moi, carbonara pour les autres... très très dur !) et de salade aux crevettes, papaye verte et carottes râpées (là ça va je peux me lâcher). Vers 21h, après être passé par la case salle de-bain pour une séance de transformisme, ça donnait à peu près ça (PHOTO)
Arrivés au stade vers 22h30, je me fais déposer par Sophie et continues à pied le temps qu'elle se gare, et je commence à ce moment-là à rentrer dans ma bulle. Imaginez : des gens en pleine nuit, déguisés comme des pokémon, avec des lumières sur la tête, qui marchent sur une route, tous dans la même direction... Peu communiquent, on sent la tension monter. Je fume à ce moment-là ce que je pense être ma dernière clope avant 3 jours, si j'avais su ! Arrivé devant la grille du stade, on nous fait poireauter le temps de vérifier les sacs, l'équipement, le dossard, etc, et finalement je rentre dans l'arène à 23h pétantes... Un café, un p'tit tour pour voir si je connais des têtes (aucune), coup de fil à Sophie qui m'apprend qu'ils ne laissent pas entrer les spectateurs dans le stade, et moi j'ai plus le droit d'en sortir ! Finalement dernier bisou au grillage, dernier pipi pour la route, speech du directeur de la course, du maire de St Philippe, et 10, 9, 8, 3 ,2, 1... bonne course !!!
Truc de ouf, 2500 personnes qui doivent passer dans une porte de stade de 3 mètres, 5 minutes avant de pouvoir bouger un orteil, puis finalement ça y est, on y est, on court sur la route direction le sentier du volcan à 15 kms; léger faux plat montant, placé en queue de peloton car pas anticipé le placement dans le stade, pô grave crois-je alors... Arrivé au pied du sentier, ravitaillement au cours duquel je perds mon bonnet alors que j'allais commencer à en avoir besoin et que jusqu'à maintenant il n'avait fait que m'encombrer; en fait je l'avais mis au départ mais au niveau de la mer ici il fait bon même à minuit, donc hop, je l'accroche à la ceinture du sac en courant, mais en arrivant au pied du sentier, pour remplir ma poche à eau, j'ai détaché mon sac et ai paumé le bonnet... Impossible de faire demi-tour, je flippe d'un coup parce qu'on parle souvent de 0° là-haut et des dangers de se refroidir, mais me rassure car la nuit s'annonce douce. Second souci, là où je suis placé au départ de ce sentier de psychopathe (mon pire souvenir des trois jours), c'est-à-dire à la fin, les bouchons sont monstrueux car on ne peut pas doubler, c'est en file indienne qu'on escalade des blocs boueux, de hautes marches interminables... Collés les uns aux autres, la situation est désagréable, la tension palpable parfois, je ne fait que bâiller et grelotter... Qu'est ce-que je fais là ? J'ai froid, ça avance pas, je commence à avoir envie de vomir... Vite mon k-way, ma veste la plus chaude, je l'attrape, commence à avoir des remontées de repas dans la bouche, ça va pas, impossible de "se garer" en plus, c'est trop étroit... J'enfile la veste et miracle, tout redescend, je reprends ma respiration, et me dis d'attendre le jour et que je me referai la cerise là-haut, au soleil... Là-haut, ça veut dire 2400 m alors qu'on est à 700, donc petit calcul : 1700 m à ce train, on est pas rentré ! Au premier rayon et à la première pierre plate, je me suis allongé, yeux fermés et suis reparti prudemment mais un peu inquiet de ce départ difficile. Au pointage de Foc Foc (manuel) j'ai vu que j'étais 2080ème, ce qui m'a un peu inquiété car ça voulait dire qu'y avait pas grand-monde derrière, pis j'ai vite compris que tous mes plans de route volaient en éclat et que désormais, mon seul but était de rallier l'arrivée. Coup de fil à Yann pour lui annoncer le retard au volcan (entre 6 et 8 h prévu) et mon passage vers 8h30 alors que le délai maxi était à 9h30. Pas de souci me dit-il, on profite en t'attendant, courage. Alors que je vois un photographe sur un rocher, je lève la main pour dire bonjour et m'aperçoit après que c'est Yann qui est venu à ma rencontre (PHOTO). D'abord content de le voir pensant que je suis au volcan, je prends un pet quand il me dit que c'est plus loin, mais finalement de voir un visage connu que redonne la banane et du coup on trottine ensemble jusqu'au volcan tout en remontant quelques places au passages. Ravitaillement bien géré, Jean-Michel et Ninie étaient là aussi avec Liam, moment sympa où j'ai refait le plein de tout, changement de fringues, crème etc. Départ 30 minutes plus tard, vers 9 h, direction piton Textor par la plaine des Sables, un des grand moments de ce raid : super forme, en fin de classement donc plus rapide que "l'environnement", j'ai littéralement planer dans la Plaine des Sables au son de Pink Floyd et de Radiohead, son en phase avec le paysage… Résultat : une arrivée à Mare-à-Boue (qui porte bien son nom) sur le coup de 12h30, pile l'heure pour un cari-poulet, une séance d'étirements pour fêter le premiers tiers de la course (en kms), la première clope taxée à un bénévole, et c'est reparti avec en point de mire Cilaos, les soins, la famille, la presque mi-course. De la grosse gadoue qui colle pendant trois heures, des flaques qu'on dirait des lacs, des pierres qui ne roulent pas et qui n'amassent pas de mousse mais qui glissent comme vache qui pisse, bref, une vraie barbarie jusqu'à Kervéguen... Beaucoup plus long que prévu, ce tronçon dégueulasse aura duré plus de trois heures, la journée tirant sur la fin, il fait gris, tout est mouillé, ça fait 17 heures qu'on est parti, je sais déjà que pour rejoindre Cilaos je vais devoir me faire la descente du Bloc de nuit, ce qui est pas loin d'être une folie quand on connaît la bête (tu te souviens Rémi ?). On doit encore monter à la caverne Dufour avant, 1 h prévue, avant de basculer vers la capitale des lentilles. J'attaque la descente prudemment mais sans traîner, tant qu'il fait jour, passe par les sentiers créoles en me retenant aux branches (très rigolo mais faut faire gaffe)... En fait au lieu de suivre le sentier en longues marches d'escalier qui descend en décrivant des S aplatis, on peut "tirer" tout droit, à l'américaine, c'est plus abrupt donc faut de quoi s'accrocher, et là haut, y a des supers arbustes pour ça mais je connais pas la marque... Bref, alors que je commence à apercevoir les lumières de la civilisation tout en bas, que le jour tire peu à peu sa révérence et que je commence à me dire que l'objectif d'arriver frais à Cilaos, sans blessure est atteint, mon genou droit heurte un rocher et me déclenche une vive douleur qui m'empêche de poser le pied, trop mal. Sur le conseil d'un collègue, je met un strap et descend le reste sur une jambe et demi pour enfin arriver au stade à 20 h 30 et retrouver mon team number one, les crapules et leur génitrice (PHOTO). Je boitais, mais je pouvais trottiner donc après avis médical (hématome intradermique) et avec un peu de glace, un strap et un cachet pour la douleur, je suis reparti de Cilaos vers 23h30 (délai max 01h00) motivé pour tenter le truc avec ce satané genou (me suis dit « quitte à abandonner, va au moins dans Mafate pour la ballade en hélico »). Bisou aux filles, départ en solo vers 23h30 direction le sentier de Bras-Rouge, à la frontale et tout seul, une première car pour le volcan vu la foule, j'ai plutôt économiser les piles ! Et comme la première nuit, début de calvaire : fatigue, pas de rythme, moral flingué par les lumières des frontales des autres tout là haut, aucun rythme dans le sentier de Bras Rouge, que j’avais zappé dans ma tête, pensant qu'on attaquait direct le Taïbit, ben non faut se farcir une série de montées et de descentes tout en voyant le col se dessiner sous les étoiles, prochain but à atteindre... Au bout d'une heure, j'ai craqué et me suis allongé 10 min au bord du ce sentier car pas fait à Cilaos, j'ai mis l'alarme du gsm pour 20', au cas où, mais j'ai vite eu trop froid, ai attrapé le premier train de frontales qui passait par là et je suis arrivé au ravitaillement de la route d'Ilet à Cordes au départ du col du Taïbit à 02 h 20 précisément (3h pour faire Ciloas-départ sentier quand les meilleurs mettent 1h et les nuls comme moi 2h en temps normal !). Petite pause au coin du feu, la vision qui s'offre à moi est rassurante sur le coup : des lits picots installés sur la route, avec des silhouettes emmitouflées dans des couvertures de survie, ça requinque un peu de voir que y en a d'autres qui ramassent, on s'accroche à ce qu'on peut ! J'avale un café chaud, une rencontre avec un ou deux visages connus, et c'est presque guilleret que j'entreprends le départ de l'ascension dudit Taïbit (déf : crotte de lapin en malgache), deuxième grosse difficulté de cette édition 2007, mais comme je l'ai déjà gravi DEUX fois (en rando 2h, en course 1h15), je pense sur le moment que le Taïbit est mon ami car ça c'est toujours bien passé antre lui et moi... Content, pour moi c'est ma course qui commence maintenant, à partir de là je connais à 90 %, j’ai mes repères et pense un peu que je suis chez moi. Cette idée me permettra à la fois de tenir le coup dans les moments difficiles mais me jouera également des tours en ne me faisant pas anticiper sur les effets de la fatigue à long terme, le rythme et la cadence qui baissent, les coups de moins biens, les imprévus et les tuiles.
Finalement la montée se passe pas trop mal, je remonte quelques personnes au début, puis ralentis un peu pour pas me griller, le strap me tire la peau et me gêne donc je décide de l'arracher et de mettre la douleur de côté. Bonne décision que je ne regretterai pas. Basculement au sommet en 2 h, un peu déçu mais pas grave du tout, surtout après avoir vu les lumières de Marla en bas avec un feu de camp digne de koh lanta... attrayant comme destination pour une arrivée prévue vers les 5 h du matin. Le poste ferme à 9 h, j'ai 4 h de marge, c'est la fête à la grenouille, je me crois au club med, ce n'est que plus tard dans la journée que je comprendrai que toutes ces barrières horaires sont calculées pour dynamiser la course d'abord, ce n'est pas forcément proportionnel à la distance entre lespoints. Là pour le coup je me suis offert la pause grand luxe, au chaud près du feu pendant une heure (toujours sans dormir), à regarder le jour se lever dans le cirque et l'hélico de la gendarmerie faire voler en éclats toutes les tentes de l'organisation en voulant atterir, véridique. Départ en fanfare au petit jour à 6 h pour fêter les 30 h de course, que sur du sentier connu, direction Roche-Plate en passant par les Trois-roches. A partir de là les délais se restreignent mais je ne m'en suis pas rendu compte de suite, donc j'ai continué à faire du tourisme en discutant un peu trop longtemps aux ravitos, m'accordant des pauses un peu exagérées, bref, c'était la fête à Mafate... Jusqu'à la remontée sur la Nouvelle où tout a basculé; en quittant Roche-Plate massé, rassasié, crémé car cagnard terrible, bref bien revigoré, sur le coup de onze heures, où j'ai soudainement réalisé que ma marge de manoeuvre était passée de 3 h le matin en quittant Marla à 1 heure seulement ici-même, cinq h plus tard ! Gloups, va pas falloir se failler... Et ce qui devait arriver arriva : la première grosse erreur stratégique : pas refait le plein de la poche à la rivière des galets pour la montée de la Nouvelle, panne sèche et arrivée laborieuse avec plus d'une demi heure de retard sur les prévisions (1h pour monter en août, 1h45 auj). Il est 14h30, le poste ferme à 15h00, y a plus de pâtes à manger et on n’a pas le droit de s’allonger dans l’herbe où y a de l’ombre car c’est une promesse entre l’école qui prête son terrain et l’organisation, le toubib est introuvable, je commence pour de bon à maudire les organisateurs, je le fais savoir… Je suis pas au top, un peu déshydraté mais rien de méchant, juste ko par le soleil et l’accumulation d’ efforts fournis depuis maintenant 39 h ; tiens, c’est le temps qu’en secret je me voyais bien réaliser… et là je suis au pk 95, il faut qu’on soit à la plaine des Merles derrière le col de Fourche à 17h15… Je suis raide donc prends le pas d’un groupe de 4 mené par un métronome du rythme, régulier, impressionnant de régularité, robotique l‘ascension pendant 1h20 et donc plutôt bon souvenir. On pointe à 16h30, cool on a repris ¼ d’h, le prochain objectif maintenant est de rallier Deux-Bras, second gros point d’assistance de la course après Cilaos avec cohortes de masseuses (une pour chaque jambe bien sûr, qui font ça mirifiquement pendant 30 min, un délice absolu !), repas chauds, sacs persos amenés par l’organisation, etc. Fallait bien ça pour attaquer le dernier quart de la course et la quatrième et ultime (en théorie) difficulté de l’épreuve, mais y parvenir dans les délais a été hyper chaud, because on avait repris 15 min en montant, mais avec la nuit qui s’annonçait, savoir qu’il fallait pointer à Aurère avant 20 h et qu’au départ du sentier scout il était 17 h 30 (marge de 30 min sur les délais)… Vu que la nuit n’était pas loin, j’ai décidé de courir tant que la luminosité le permettait, j’ai même mené& les ¾ de la descente en tête d’un petit groupe dont je n’entendais que le bruit des pas derrière moi. Pas un mot pendant 2 heures, chacun cherchant à s’économiser pour rester dans ces fameux délais. Finalement, en bourrant comme des malades (pour notre niveau), nous avons réussi à garder notre matelas de 30 min en pointant à Aurère, juste le temps de gober une banane et d’avaler un coca, pas question de traîner, il restait encore la descente jusqu’à Deux-Bras prévue pour durer 2 h et la nuit était maintenant bien présente. C’est seul que je suis reparti, trop vite car j’ai oublié (pour la 3ème fois) de remplir ma poche à eau, tant pis, on verra en route si on trouve une ch’tite cascade. Cette descente casse bien les pattes car on passe de 900 à 200 m en quelques kilomètres mais essentiellement sur de la caillasse de chez caillasse, pour finalement atterir dans le lit de la rivière des galets, qu’on doit traverser 4 fois à gué (de nuit sinon c’est pas drôle), sur des rochers, avant de chercher son chemin grâce aux marques rouges sur les pierres, remonter le lit dans le sable et les graviers pendant ½ h pour enfin déboucher au poste de Deux-Bras. Bénédiction te voilà : après Cilaos, c’est le deuxième gros point d’assistance, donc j’ai pu récupérer un sac avec des affaires propres et sèches, me faire masser les jambes, avaler une assiette de raviolis et m’enrouler dans ma couverture de survie sur une chaise pour mon premier dodo depuis le départ : 2 heures ! Etant arrivé vers 21 h 30, ce n’est qu’ à minuit que je suis parti dans les bras de morphée, le sac à mes pieds prêt à repartir, les guiboles requinquées, le gsm dans la main pour me réveiller à 2 h (fermeture du poste et mise hors délai à 3), lequel s’est déchargé et éteint pendant mon court sommeil… Imaginez le stress quand je me suis réveillé d’un coup : « quelle heure est-il, oh putain le truc a pas sonné, suis-je éliminé ? ». Gros ouf de soulagement en constatant qu’il était 2h15, comme quoi même avec deux nuits blanches dans le museau et 120 bornes dans les pattes, ben quand il faut se réveiller on se réveille !
Je me lève, limite chancelant quand même, abandonne ma couverture de survie sur place, pars pointer pour le départ du poste à 2h20, et tente dans un premier temps de suivre un groupe pour la dernière ascension de première catégorie, la seule que je ne connaissais pas du tout avec le volcan, la montée vers Dos d’Ane. Seulement 700 m de dénivelé, mais on m’avait prévenu : c’est un mur qui peut durer 1 h, 2 h, voire 3 ou 4 h selon l’état de fatigue. J’ai vite laissé partir le groupe car trop rapide pour moi, et c’est en solo que je suis venu à bout de cette horreur de montée qui aura duré pas loin de 2 h 30, avec des passages carrément dangereux (câbles métalliques pour passer au-dessus du vide)… Là c’était vraiment du grand n’importe quoi, j’ai dû m’arrêter 10 fois facile pour souffler, me remotiver et repartir. J’ai finalement atteint le village vers 5 h du mat, aux premières lueurs du jour, et atteint avec un grand bonheur le pointage de l’église. Un café et on m’annonce qu’il faut remonter sur la route pendant ½ h pour rejoindre le stade, lieu de RDV prévu avec les filles, Lili et Rom. Quelques minutes après ils passent à côté de moi en voiture, un p’tit bisou et on se dit « à tout de suite ! »… Sauf qu’au bout d’un moment de marche, une voiture s’arrête et m’annonce que j’ai raté la bifurcation plus bas pour le stade, qu’il faut que je fasse demi-tour ! Petit pétage de plomb pour la forme, explosage de ma bouteille d’eau par terre, quelques baffes méritées à un abri-bus et insultage en règles de tous les représentants de la race canine du quartier. Finalement calmé, je retrouve tout le monde au stade pour une pause bien méritée, une petite heure à me faire masser par mes trois nénettes (PHOTO). Sachant que toutes les grosses difficultés étaient maintenant derrière moi, j’ai savouré ce moment au point de presque oublier qu’il me restait encore 23 kms jusqu’à l’arrivée ! Reparti à 6 h avec un compagnon de galère que j’abandonnerai rapidement car trop déglingué, je me suis attaqué au piton Fougères et au piton Bâtard (qui porte très bien son nom), des marches en escalier pour un dénivelé de 500 m, mais de jour avec le soleil donc piano piano, sur un rythme régulier et avec l’écurie en ligne de mire. Arrivé au kiosque d’Affouches vers 10 h, il ne restait « plus »que 15 kms de descente jusqu’à La Redoute, donc comme j’avais plutôt des bonnes jambes, pas d’ampoules et pas de courbatures, j’ai décidé de tenter de courir, et bien m’en a pris car le dimanche plus personne ne cours, donc je me sentais le roi en remontant (tout en descendant) les raideurs un par un ! Coup de fil à l’équipe de l’arrivée pour leur dire de pas traîner car je fonçais vers eux, le sourire aux lèvres, quand peu après une douleur au bas-ventre me prend, je m’arrête pour satisfaire un petit besoin naturel, et là j’ai cru que ma vue me jouait un tour : mon urine était rouge pivoine ! Coup de stress, coup de fil au doc de la course qui me rassure en me disant que c’est les fibres musculaires qui se détachent, que c’est normal et qu’il faut juste boire, boire et boire. Vers 12 h j’ai la joie de trouver Sophie et Patrick qui m’attendent pour le dernier tronçon, la descente du Colorado, un épouvantail de descente car beaucoup l’ont terminé à l’agonie car elle est assez raide et un peu technique. Mais vu mon état de forme à ce moment-là, je ne me faisais aucun souci si ce n’est celui de ne pas tomber… Pause de cinq minutes donc au Colorado pour me sustenter de quartiers d’oranges, pis c’est parti pour une descente de folie où nous avons tous les trois doublé exactement 50 personnes en 50 minutes, tout en se freinant pour ne pas prendre de risques inutiles. Arrivé sur la route, le ventre a commencé à se nouer, c’est bon, enfin, ça y est, plus que quelques mètres… Je déroule, la foulée est fluide, je sens pas mes jambes, où sont les puces, je les cherche, ne les voit pas, entre dans le stade, prend Manon par la main et j’entends qu’on me parle de banderole… je vois alors Margaux avec Thomas et Kilian qui tiennent une espèce de drap tendu avec un truc marqué dessus, je fonce, le traverse, et quelques secondes après quelqu’un me met une médaille autour du cou, me donne le tee-shirt de finisher et un sac avec des babioles dedans. Quelqu’un m’attrape violemment, m’embrasse, c’est Serge, un gars avec qui on finit toujours tout proches sur toutes les courses qu’on fait, et là, incroyable, alors que je l’avais perdu de vue depuis plus de 24h, il vient d’arriver 15 secondes avant moi et exulte en me disant que pour une fois il termine devant moi (d’habitude c’est l’inverse pour quelques secondes ou quelques minutes). Emu aux larmes de le voir là, dans un état second, je vois Eric devant moi secouer une bouteille de champagne bien fraîche, j’écarte les bras et prend une douche mémorable avant de siffler ce qu’il reste du précieux breuvage… Erreur de débutant, mon estomac me le rappellera quelques minutes après (PHOTO).
Le reste de la journée fut consacré à savourer sur place ma petite victoire, celle d’être aller chercher loin au fond de moi des ressources insoupçonnées. Dans le désordre : pause et atterissage sur un lit de camp dans une tente, douche, petit repas chez Martine, et retour au stade pour accueillir les derniers avec mon beau bébé de 5 L concocté il y a cinq mois le jour du tirage au sort : j’ai nommé le rhum-ananas…(PHOTO). Il a d’ailleurs fait un carton et tous ceux qui passaient par là ont pu lui faire une bise, coureurs, bénévoles, journalistes. Finalement, après le speech du directeur de course qui s’est fait sifflé quand il a comparé les 40 % d’abandons à des « déchets », fustigeant le manque de préparation et martelant que cette course doit rester une course extrême avant tout, toute la fine équipe s’est joint à mon souhait le plus cher depuis le petit matin : me faire péter la panse dans un fast-food !
Voilà pour l’édition 2007, c’est pas évident à raconter, ça relève même de l’impossible car c’est un truc à vivre avant tout… Ce qui est bizarre, c’est que pendant ces trois jours je n’ai cessé de répéter « plus jamais, une fois dans une vie ok mais pas plus, ça abîme le corps, etc », pis une heure après l’arrivée, j’étais déjà en train de penser à la prochaine édition , comment améliorer certaines choses, etc.
A l’heure actuelle, mon souhait le plus cher serait d’amener quelqu’un avec moi pour cette fois vivre le truc à plusieurs… A suivre donc, l’aventure ne fait que commencer !
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